|
Depuis quelques années, la répétition de phénomènes climatiques extrêmes permet d'envisager un changement accéléré du climat : tempête 1999, canicule 2003, inondations à répétition en Europe, ouragans plus fréquents, renforcement d'El niño, tempêtes de sables... Pour un aperçu du climat à court terme : http://la.climatologie.free.fr/rechauffement/rechauffement.htm) Qu'on ne s'y trompe pas, le danger ne vient pas d'où l'on croit... Non pas tant des boulversements climatiques ou de la fonte totale et clairement programmée (avant 2030) du glaçon qui flotte sur l'Océan Arctique (Pour rappel, le pôle Nord, c'est une banquise relativement fine, et quand un glaçon fond dans un verre le niveau de l'eau ne monte pas. Mais quand la fonte des glaciers assis sur le continent Antarctique s'accélérera à son tour, alors là, oui, les Flamands risquent d'avoir des ennuis). En effet, le vrai danger se trouve dans les conséquences de tous ces outrages sur la pyramide du vivant, notre précieuse biodiversité au sommet de laquelle nous nous trouvons... en équilibre. De fait, nous sommes entrés dans une "phase d'extinction massive" due aux activités humaines et ses conséquences: modification trop rapide du climat, épuisement des ressources halieutiques, défrichage et salinisation des terres, pollutions en tout genre, tourisme,... De toutes parts le vivant est durement frappé et l'homme n'est pas le dernier à en souffrir. On nous annonce une perte de 30 à 40% de ce patrimoine unique à l'horizon 2100, demain ! Quand cela va-t-il changer ? Quand allez-vous intégrer cette information et changer votre vie ? Grâce à des carottes de glaces forées profondément dans la calotte des pôles, on a pu reconstituer l'histoire volcanique, du climat et de la composition de l'atmosphère depuis 440.000 années ! Un trésor d'information qui révele entre autres que la terre a un pouls climatique d'une longueur d'environ 100.000 ans que rien n'était venu troubler depuis 4 battements et demi. Au regard de ce matériel polaire, il s'avère que la planète et sa très sensible et fragile biodiversité n'ont jamais connus de tels boulversements ni d'épreuves climatiques aussi brusques et rapides sur l'échelle considérée. Bien que les glaces limitent leur témoignage à moins d'un demi million d'années, nous savons que les concentrations de carbone dans l'atmosphère n'ont pas d'égal depuis 50 fois plus longtemps encore... 20 millons d'années. Imperceptible à échelle humaine, notre climat suit un cycle qui se répète tous les 100.000 ans environ. Ce cycle nous emmenait doucement vers un nouvel âge glaciaire lorsque cette progression s'est arrêtée net au milieu du XIXe siècle. Un siècle plus tôt, en 1750, la terre commençait à connaître les effets d'une explosion ininterrompue de la démographique humaine (de 500 millions à 6 milliards aujourd'hui) de même que celle de son bétail. Cet ensemble déchaîné se libérait doucement du travail, grâce aux esclaves mécaniques. James Watt invente la machine à vapeur en 1769. 15 ans plus tard, sa machine fait fonctionner une usine entière. La filature est mécanisée. "La machine à feu" nourrie au charbon inaugure l'ére industrielle. Ensuite, l'industrie de l'acier explose, le charbon brûle dans les chaudières et les haut-fourneaux, et un chemin de fer s'étend à partir du petit Koweit charbonnier belge en 1835. La croissance du recours à cette énergie convéniente et l'innovation galopante qu'elle soutient, engendre déjà une quantité suffisante de gaz à effet de serre dans l'atmosphère pour contrarier rapidement et notablement la tendance climatique dès 1850 et l'inverser TOTAL ment un siècle plus tard en 1950 (cfr. graphique infra) et ce, alors que les révolutions les plus dévorantes et énergivores, l'industrie du transport autoroutier et aérien, ne suivront que des décennies plus tard ! Que restera-t-il de la biodiversité après les bouleversements croissants que nous faisons subir à nos écosystèmes ? Les retours précoces des migrateurs depuis fin février 2004 avec 3 à 4 semaines d'avance n'augurent rien de rassurant pour cet été. C'est clair, nous devrions être en état d'urgence cliamtique depuis bien longtemps. Les données rassemblées ci-dessous forment les bases du pire scénario catastrophe. Il est en cours. L'effet de serre augmente tous les jours sous la pression croissante de population accédant à notre mode de vie industriel, à la mobilité à l'occidentale. La science ne résoudra pas le problème, seul l'abstinence est à prescrire. Sur une page de l'Université de Montréal, on peut lire: "Mobilité durable et véhicules du futur En 2003, 800 millions de véhicules forment le parc automobile mondial. Doubler ce parc de véhicules d’ici 2025, pour atteindre 1, 6 milliard de véhicules, tel est l’objectif des constructeurs automobiles. Quels carburants ces nombreux véhicules utiliseront-ils en 2025 pour nous permettre encore de respirer et pour ne pas surchauffer la planète ? Dans un futur proche, lequel, du véhicule alimenté à l’hydrogène, du cybercar ou de l’appareil personnel de transport motorisé (APTM) émergera des recherches en cours? Et si, dans 20 ans, des trains légers électriques guidés ou non sur rails, rapides et discrets, devenaient la base de nos moyens de déplacements en ville? La part des énergies renouvelables doit continuer de croître, et la décroissance matérielle pour une vie durable doit être préparée au plus vites. Fig.1: Part des énergies renouvelables dans la consommation intérieure brute (UE 15, 2000). Atlas Energétique de la Wallonie - 2e édition électronique, décembre 2002. http://energie.wallonie.be
Vos réactions, commentaires, corrections ou suggestions par mail: Reginald@candide.be 1. Effet de serre, définition :Seule une partie de l'énergie solaire arrive sur Terre (1), le reste étant soit renvoyé vers l'espace (2), soit absorbé par l'atmosphère (3). Au contact de ce rayonnement reçu, la Terre s'échauffe et réémet alors cette énergie sous forme de chaleur rayonnante infrarouge (4). Dirigée vers l'espace, une partie de ce rayonnement est interceptée et absorbée (5) par certains gaz présents naturellement dans notre atmosphère : les gaz à effet de serre. Fig. 2: Echange et distribution des rayonnements solaires et infrarouges. source : http://www.rac-f.org/article.php3?id_article=28 - Réseau Action Climat France. ![]() Ces rayons provoquent ainsi l'échauffement de la basse atmosphère, c'est-à-dire l'élévation de la température de l'air. Ce phénomène tire son nom de ce qui se passe dans la serre du jardinier : comme la vitre d'une serre, l'atmosphère laisse passer les rayons visibles du soleil mais emprisonne la chaleur. Jusqu'au milieu du XVIIIe siècle, l'essentiel de l'effet de serre nécessaire est produit par la vapeur d'eau, un peu moins par le cycle naturel du dioxyde de carbone et du méthane précédant leur surproduction par l'activité humaine. Ainsi pour l'homme, sonne l'heure de la révolution industrielle. Après l'esclavage, la force des boeufs, celle des moulins à vent et à eau, nous découvrions une nouvelle source d'énergie dans la combustion de chaînes carbonnées fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel). Dès lors, le développement économique et social de nos pays "riches" s'est construit sur la production et la consommation de quantités toujours plus grandes d'énergie. Largement fondés sur l'exploitation de combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz), l'industrie, les transports, l'habitat ou l'agriculture intensive émettent dans l'atmosphère d'énormes quantités de gaz à effet de serre que la planète n'arrive plus aujourd'hui à absorber. La Terre ne peut recycler chaque année que 3 Gigatonnes de Carbone. En divisant ces 3 Gt par le nombre d'habitants sur Terre on aboutit à la quantité de carbone que nous pouvons individuellement émettre chaque année dans les limites de la biosphère : 500 kg de Carbone. Les activités humaines aujourd'hui sont responsables de l'émission de 6 Gigatonnes par an ! source : http://www.rac-f.org/article.php3?id_article=33 - Réseau Action Climat France. 2. Atmosphère : composantes et propriétés radiatives.Voici ce que nous respirons, et quelques propriétés de ces composants atmosphériques. Fig.3: Concentration et propriétés raditaives des constituants de l'atmosphère. Source: librement adapté de : 1. Rapport GIEC. http://www.ipcc.ch, 2. ULB : Cahier de Recherches " de l'Opération Jeunes Chercheurs, http://www.ulb.ac.be/inforsciences/b2000/ojc/piste-air1.html |
|
L'ozone troposphérique (O3) est une forme d'oxygène qui contient 3 atomes d'oxygène au lieu de 2. C'est un gaz incolore et inodore sauf en grande concentration. L'O3 troposphérique résulte d'une pollution photo-oxydante, c.-à-d. de l'action du soleil sur les Oxydes d'azotes (NOx) et hydrocarbures (il n'y a jamais de nuages au-dessus des couloirs aériennes, l'effet est systématique pour l'aviation). Les rayons solaires ultra-violets (UV) transforment ces deux substances chimiques en O3. La réaction dépend de la lumière solaire et est donc plus rapide les jours de fort ensoleillement. La nuit, l'O3 troposphérique ne subsiste pas. Ce gaz est très irritant (très oxydant) pour les poumons et voies respiratoires. Le méthane (CH4)monte dans l'atmosphère et passe de la troposphère vers la stratosphère. Arrivé dans la stratosphère, sous l'effet de la lumière solaire, les molécules de méthane se brisent en formant de l'hydrogène (H2) qui s'oxyde pour former des molécules d'eau (H2O). La vapeur d'eau n'est normalement pas présente en grandes quantités au-dessus de la troposphère (environ 3ppm dans la stratosphère). Chaque molécule de méthane produit deux molécules d'eau. Les modèles informatiques indiquent qu'un doublement de production de méthane devrait accroître la quantité de vapeur d'eau de 30% dans la stratosphère. Des nuages de vapeur d'eau et de cristaux de glace se forment alors aux très basses températures rencontrées à 85 km d'altitude. Ces nuages apparaissent vers minuit et sont plus fréquents dans les 3 semaines avant et après le solstice d'été. Ils sont particulièrement visibles entre 50 et 60° de latitudes. Ils furent observés pour la première fois en 1885 et proviennent de l'activité humaine. Le méthane est produit pour moitié par le cheptel, la dégradations des composés organiques dans l'eau (rizières, marais, déchets) et plus inquiétant, des méthénisations croissantes avec le dégel du permafrost des terres humides du Groenland et de Siberie... qui seraient à terme (2050) comparable en nuisance au parc automobile actuel (700 millons de véhicules). Les Oxydes d'azotes (NOx) résultent de combustion à haute température des moteurs automobiles. Les concentrations dans notre atmosphère de dioxyde de carbone (CO2), de méthane (CH4), de protoxyde d'azote (NO2), de l'ozone troposphèrique (O3) et d'autres nouveaux gaz produits par l'homme uniquement (CFC, HFC, PFC, SF6)(dans tous les apareils frigorifiques, climatiseurs et autres camions frigo, vive la chaîne du froid) , ont toutes atteint des pics inédits. Tous les jours ces sommets sont ENCORE AUJOURD'HUI dépassés. A tel point que les menaces dont on vous parle à peine doivent être considérées comme certaines. 3. EvolutionsLa glace des pôles nous offre le témoignage d'une correlation totale entre ces concentrations de gaz et la température sur terre depuis 420.000 ans. Il n'y a jamais eu l'un sans l'autre. dioxyde de carbonne (CO2) sur 420.000 ans. |

|
Ci-dessus, sur ce graphique paru dans Nature en 1999 (La canicule de 2003 n'a pas été une surprise pour tout le monde, un bon politique aurait du prévoir, mais maintenant, que prévoir encore...), vous constatez les cycles parallèles et corrélés des concentrations de méthane (gaz naturel) en vert (CH4) et du dioxyde de carbone en bleu (CO2) et la température en rouge. Plus vous allez vers la droite, plus vous remontez le temps. Si vous lisez ce graphe de droite à gauche, vous vous rapprochez de notre époque, et déduisez que nous devions nous attendre à une nouvelle glaciation. Au lieu de cela, vous voyez comme un horrible pic de méthane et de dioxyde, et une courbe de température qui risque fort de se voir complètement contrariée dans son cycle, elle ne va pas redescendre... Après avoir pris une échelle de 420.000 ans, observons la concentration et les températures associées aux différentes observations et prévisions sur une échelle des mille petites dernières années et les 100 prochaines... Source : GIEC. http://www.ipcc.ch |

|
Ainsi, pour 1999, on comptait 365 ppmv (parties par million par volume) de dioxyde de carbone, et que de tous les modèles utilisés par Kyoto, le plus optimiste prévoit une stabilisation à 550 ppmv pour 2100, alors qu'il s'est toujours maintenu sous les 300 ppmv ces 400.000 dernières années. Et comme la température moyenne de la planète et les concentrations de gaz à effet de serre sont dépendants, voici le thermomètre terre pour les prochaines années. Pour la biodiversité, cela signifiera très certainement une perte de 30 à 40% du patrimoine pré-industriel, et pour l'Europe, quelques années de canicules, et d'ici à ce que les étés en 2050 ne finissent de faire fondre entièrement l'OCÉAN Arctique sans vraiment élever le niveau des mers (un glaçon a déjà tout son volume dans l'eau), mais sans doute assez pour arrêterle tapis roulant du Gulfstream qui vaut à l'Europe du Nord la douceur de son climat. Un réchauffement qui s'il se prolonge fera aussi fondre les glaciers du Groenland et du CONTINENT Antarctique représentant 90% des réserves d'eau douce qu'il reste à fondre, la Flandre a encore un sursis de deux siècles. Qui seront les réfugiés climatique de 2050 ? Moi ? Source : GIEC. http://www.ipcc.ch |

|
Vous constatez que de tous les modèles, tous prévoient au moins 2 degrés de plus en 2100 par rapport à 1990... Vous voyez aussi que de 1900 à 1990, on observe une variation de 0,6 degré, sur une moyenne de 15°. Sans l'homme, la terre prend des milliers d'années pour connaître de telles évolutions. Essayez d'imaginer la suite de ce graphe avec 2003, l'année la plus chaude, 2004 suivant juste après... sans commentaire...
4. Origines des Gaz à effet de serreEn 1990, nous avons émis 20.878 millions de tonnes de CO2. Chaque année, nous brûlons encore et toujours plus de fossiles que l'année précédente, tant et si bien qu'il est prévu pour 2020 que l'on atteigne 36.102 millons de tonnes de CO2 émis (Agence internationale de l'Energie). La Chine et l'Inde découvrent la croissance... et l'Occident, des nouveaux marchés... Sur le dessin suivant, la variation représente l'évolution attendue en France pour 2010. La mobilité des marchandises et des personnes est la première cliente en énergies fossiles, le principal facteur de réchauffement dans nos pays où le nucléaire peut fournir l'énergie électrique. |
|
|

|
Il faut savoir que cette augmentation si rapide de la température aura des effets dévastateurs sur la biodiversité contenue dans des écosystèmes trop vite chamboulés. Tant dans les Océans, que sur terre. Quand il n'y aura plus de poisson, vous pourrez toujours manger vos billets de banques. |


